Êtes-vous aussi trop pressés ?

25 March 2018

J'ai découvert il y a quelques semaines sur Arte une série de 10 épisodes de 6 minutes appelée «(Tr)oppressé». Je l'ai trouvée incroyablement pertinente ! En quelques minutes on nous dépeint un aspect de la société actuelle et nous en fait une critique. Bonheur illusoire, le besoin de toujours accélérer, la superficialité des sites de rencontres, etc. Si vous n'avez pas encore regardé la série, je vous y encourage.

Mise à jour du 30 mars 2018 : J'ai remplacé la précédente image d'illustration car elle ne me convenait plus.

Cette série se regarde très facilement, se termine en environ une heure, et comme chaque épisode ne dure que six minutes, elle est accessible à chacun. Pas d'excuse possible pour ne pas la regarder !

En six minutes, un point de vue est clairement adopté et c'est à nous d'en faire une critique. Une fois un épisode terminé, notre cerveau assimile ce qu'il vient d'absorber, on essaye de comprendre à quel point ce qu'on nous dit là est vrai, et puis on constate que certains cas s'appliquent bien.

Sur la plupart des sujets abordés, j'avais déjà ma propre opinion, similaire au discours de la série, mais lorsque l'on met des mots sur certains concepts, alors ça nous ouvre tout un champ pour aller plus loin.

Image d'illustration de l'épisode 1 «Sous haute tension» © Arte. Source : Arte+7.

C'est ce qui m'est arrivé en regardant l'épisode n°8 «L'amour est dans le swipe» à propos des sites de rencontres. Lorsque la psychanalyste Fabienne Kraemer nous dit «aujourd'hui on n'a aucune éducation à la frustration» (à 1 minute 40). Mais oui, c'est ça ! Ces paroles ont été dites dans l'épisode à propos des rencontres amoureuses mais je pense que l'on peut aussi l'appliquer dans beaucoup d'autres cas.

Lorsqu'il y a un temps mort, dans les transports en commun par exemple, et que nous sortons notre téléphone pour jouer à un jeu ou consulter les réseaux sociaux, nous ne sommes plus capables de simplement attendre, ils nous faut de l'action, des récompenses. Je vous renvoie au livre «Seuls ensembles» de Sherry Turkle dont j'ai relevé des citations dans un précédent article et qui mentionne aussi cette frustration. Je me souviens d'un passage où une femme rêvait d'avoir un robot compagnon plutôt qu'un véritable humain car elle pourrait l'allumer et l'éteindre à volonté. À défaut de le retrouver, je vous recopie cet autre passage avec le même fond : «Mais si quelqu'un s'habitue à une "compagnie" qui ne demande rien, la vie avec des personnes réelles peut sembler accablante.» (p. 116)

Il existe le terme de procrastination dont on parle de plus en plus. On pourrait résumer ce terme par le fait pour une personne de remettre à plus tard une tâche dont elle n'en tire pas une satisfaction immédiate. Ce principe s'applique souvent dans le cas des tâches qui sont à faire pour dans plusieurs semaines. Ça n'est là que ma perception, mais j'ai bien l'impression qu'aujourd'hui nous sommes moins capables de faire certaines tâches par rapport à il y a quelques dizaines d'années car nous ne sommes plus habitués à contenir notre frustration.

Vous avez une petite heure de libre ? C'est peut-être le moment de vous poser des questions avec cette série. Le lien vers le premier épisode est ici.